Bakeneko, le chat fantôme !

août 25, 2020 5 min de lecture

bakeneko

Objet de nombreuses superstitions à travers le monde, le chat ne fait pas exception au Japon.

Créature maléfique, le Bakeneko (化け猫 ou "chat-monstre") est un fantôme de chat à l’origine de nombreuses légendes. Il fait partie de la famille des yokai, les esprits du folklore japonais.

Derrière son apparence singulière de matou à grande queue se cache un monstre redoutable capable de hanter son foyer, de projeter du feu ou encore de dévorer son maître.

Découvrez les origines du Bakeneko et les légendes autour de ce félin effrayant. Attention, après avoir lu cet article, vous n’allez plus voir votre animal de compagnie de la même façon 🙀.

😼 Les origines du Bakeneko

Au 17e siècle, pendant la période Edo, l’industrie textile se développe entraînant l’apparition de la sériciculture au Japon. A cette époque, les chats étaient appréciés pour chasser les rats et les souris qui menaçaient l’élevage des vers à soie. Ces animaux protecteurs étaient donc interdits à la vente. Ainsi, de nombreux chats de gouttière peuplaient les rues, faisant naître des légendes au Pays du Soleil Levant.

Le terme Bakeneko signifie « chat transformé » ou « fantôme de chat ». En effet, on racontait que ce félin pouvait se transformer en démon pour hanter sa maison et prendre possession de son maître. Pas très sympathique tout chat 😾!

💪 Les pouvoirs magiques du Bakeneko

Issu de la mythologie japonaise, ce chat d’apparence ordinaire est en fait un yokai (créature surnaturelle) possédant de nombreux pouvoirs tels que la capacité de se métamorphoser, de prendre possession des humains ou même de faire danser les gens.

Pour différencier un Bakeneko d’un matou domestique, cela n’est pas simple, néanmoins, on dit qu’il aime laper les lampes à huile. Bon… il faut savoir que ces dernières étant conçues à base de graisse de poisson 🐟, cela n’a rien d’étonnant pour un chat.

Bakeneko par Utagawa KuniyoshiReprésentation d'un Bakeneko tourmentant des humains, par Utagawa Kunisada

On raconte que l’esprit démoniaque du Bakeneko est capable d’adopter une forme humaine en se dressant sur ses pattes arrière ou encore de lancer des boules de feu. De même, on ne laisse jamais ce yokai en présence de cadavres, car ce dernier peut réveiller les morts ☠️ en leur sautant dessus.

Cependant, ne devient pas Bakeneko n’importe quel chat ! Pour se transformer, le matou doit atteindre un ou plusieurs caractéristiques d’âge, de poids et de morphologie. Un peu comme les critères du mannequinat !

Ainsi, il doit avoir :

  • ✔ Treize ans
  • ✔ Peser plus de 3,5 kg
  • ✔ Posséder une longue queue

😺 Les différents types de Bakeneko

Si la plupart des Bakeneko sont des créatures sournoises, prêtes à dévorer leur maître pour arriver à leurs fins, il en existe tout de même de plus dociles : les Maneki Neko. Vous savez, ces petits chats porte-bonheur, qui vous saluent en levant la patte à l’entrée des boutiques asiatiques 😻 ? De nature bienveillante, ils invitent la chance et la prospérité au sein du foyer.

bakeneko et nekomataReprésentation d'un Bakeneko (à gauche) et d'un Nekomata (à droite).

Lorsque la queue du Bakeneko se sépare en deux, vous avez affaire à un Nekomata 👹, une créature très dangereuse qu’il vaut mieux ne pas croiser sur son chemin et encore moins accueillir chez soi. En effet, ce chat maléfique est connu pour persécuter son foyer.

Ainsi, les Japonais coupaient parfois la queue des chatons, de crainte qu’ils ne se transforment en démons plus tard. A l’origine de ces superstitions effrayantes naquit le Bobtail japonais.

🐱 Quelques légendes autour du Bakeneko

La légende du Bobtail japonais

Connaissez-vous cette étrange race de chat à queue courte que l’on appelle Bobtail japonais ? Sous cette espèce féline se cache une légende nippone que nous allons vous raconter.

Alors qu’il se réchauffait au coin du feu, un chat se brûla la queue par mégarde. Pris de panique, devant son appendice qui s’enflammait le chat s’enfuit dans la ville et propagea le feu à toutes les habitations. Suite à cette catastrophe, l’Empereur du Japon prit la décision de faire couper la queue de tous les chats afin que cet incident ne se reproduise plus jamais.

chat bobtail japonaisPhoto d'un bobtail japonais, le chat sans queue.

La légende du chat vampire

Hantée par un Bakeneko, O Toyo, favorite du prince Nabeshima, peinait à trouver le sommeil. Une nuit, alors qu’elle se réveillait d’un terrible cauchemar, la jeune femme se fit attaquer par un chat monstrueux. Après l’avoir tuée, ce dernier prit aussitôt l’apparence de sa victime afin de séduire le prince. Aveuglé par la beauté de la fausse O Toyo, Nabeshima ne remarqua aucun changement. Il aimait passer du temps en compagnie de sa belle.

Plus tard, le prince tomba malade et malgré la venue de nombreux guérisseurs, personne ne trouvait la raison de ses maux. Il faisait lui aussi des cauchemars et se réveillait de plus en plus affaibli tous les matins, jusqu’à en perdre la raison.

Chaque nuit, des gardes veillaient sur le prince Nabeshima. Étrangement, ces derniers ne parvenaient pas à résister au sommeil et finissaient systématiquement par s’endormir. Parmi eux, un jeune soldat nommé Itô Sôda prenait sa mission particulièrement à cœur.

Illustration Bakeneko de Patrick JanninIllustration de Patrick Jannin

Alors que tous les gardes qui veillaient le prince s’étaient assoupis, Itô Sôda sentant la fatigue l’envahir à son tour s’entailla le genou avec son poignard. Se servant de sa douleur pour rester éveillé, le jeune garde réussit à braver le sommeil qui l’étourdissait. C’est ainsi qu’il aperçut O Toyo se rendre dans la chambre du prince. Il comprit que la belle était en fait un vampire qui se nourrissait du sang du seigneur Nabeshima. Démasquée, O Toyo fut rapidement exécutée. On raconte qu’à sa mort, la jeune femme se transforma en gros chat noir.

La légende de Takasu Genbei

Après avoir perdu son chat, la mère de Takasu Genbei changea brutalement de comportement. Habituellement sociable, elle s’isolait régulièrement, évitant ainsi la compagnie de ses proches. Alors qu’elle s’était réfugiée dans sa chambre pour manger, Takasu Genbei aperçut à travers la porte entrebâillée, une silhouette semblable à celle d’un chat qui dévorait une carcasse. Curieusement, le monstre portait les vêtements de sa mère. Pris de terreur, l’homme tua l’abominable créature qui reprit soudainement l’apparence du chat disparu.

👻 Le Bakeneko, un fantôme qui fascine les Japonais

Le Bakeneko et les mangas

De même, les mangas s’inspirent largement du monstre-chat. On peut citer Kuro, le chat démoniaque de la série Blue Exorcist, les personnages du film d’animation Neko no ongaeshi (Le Royaume des Chats) ou encore le manga Bakemonogatari dont l’un des héros est possédé par un Bakeneko.

Personnage de kuro dans Blue ExorcistLe personnage de Kuro dans la série Blue Exorcist.

Dans l’univers des jeux vidéo, le Bakeneko n’est pas en marge. Notez l’apparition du Nekomata dans Final Fantasy ou encore Pokemon à travers le personnage de Mentali.

Un yokai populaire dans l’art nippon

Depuis des siècles, le chat est un animal particulièrement apprécié dans la culture japonaise. Après le célèbre Maneki Neko qui peuple la plupart des commerces et restaurants, le Bakeneko demeure une figure incontournable dans l’art nippon.

Ainsi, il est représenté dans de nombreuses œuvres telles que les pièces du théâtre kabuki, les illustrations de Toriyama Sekien, les peintures de Utagawa Kunisada ou encore les dessins de Yosa Buson.

La star du folklore japonais

A la fois effrayant et fascinant, le chat fantôme se voit honoré d’un festival, tous les ans à Tokyo. Au programme, des costumes, des défilés et des danses pour célébrer le plus célèbre des félins dans le quartier de Kagurazaka, chaque octobre autour de la fête d’Halloween. D’ailleurs, le Bakeneko Matsuri est un événement à ne pas manquer pour les passionnés de chats.

Si vous prévoyez de vous y rendre, n'oubliez pas votre masque japonais de chat !

Bakeneko Matsuri Photos du  BakeNeko Matsuri à Kagurazaka. (Source : lejapon.fr)

Monstre-chat vénéré, le Bakeneko est une créature maléfique qui inspire la crainte et le respect à travers les légendes, l’art et le folklore nippon. Mystérieux et sournois, ce félin sans pitié hante aussi bien les écrans que les foyers.

Image de couverture : Illustration de Ayako Ishiguro.


Laisser un commentaire

Les commentaires sont approuvés avant leur publication.


Vous aimerez lire aussi :

jinbei
Jinbei, le pyjama japonais qui a conquis le monde !

novembre 24, 2020 5 min de lecture

Voir l'article entier
kimono japonais
Kimono : le vêtement traditionnel japonais

novembre 16, 2020 8 min de lecture

Voir l'article entier
kami dieu japonais
Les Kamis, dieux et déesses du Japon

novembre 10, 2020 7 min de lecture

Voir l'article entier