La J-pop, le phénomène musical !

août 11, 2020 7 min de lecture

j-pop

Un groupe japonais au physique avantageux, une pincée de chansons survitaminées, des chorégraphies bien ficelées, des fans déchaînés 😻 et une bonne dose de marketing, telle est la recette de la J-pop. Ce style de musique commerciale est un véritable phénomène dans l’archipel, si bien qu’il domine le marché. Fruit de l’industrie marketing, la pop japonaise est omniprésente dans les médias, portée par les japanimes, les jeux vidéo et le karaoké.

D’où vient ce genre musical ? Qui sont ces stars éphémères de la J-pop appelés idols au Japon ? Découvrez sans plus attendre l’univers de la pop nippone.

🎧 La J-pop, un mélange de musiques occidentales et locales

Apparue en 1988 au pays du soleil levant, la J-pop tout comme sa cousine coréenne la K-pop, est issue de la musique traditionnelle locale à laquelle s’ajoutent des tendances occidentales. Ce style de musique fait partie des 4 genres musicaux actuels au Japon, au même titre que la J-rock, la J-rap et le enka.

L’expression J-pop pour Japanese popular music, a été lancée par la station de radio J-Wave, afin de désigner la musique locale influencée par la mode occidentale. Le genre s’inspire des tendances rock’n roll, disco, dance, électro, soul, hip-hop et RnB. Avec des textes en japonais, destinés aux adolescents, la J-pop surfe sur les grands courants américains ou européens. Ainsi, on distingue des styles musicaux variés allant du survolté aux mélodies plus classiques.

L’origine de la J-pop

Héritée de la musique japonaise populaire du 19e siècle et influencée par les sons occidentaux, la J-pop est le résultat d’une évolution historique et culturelle.

A l’ère Meiji, le premier courant de musique populaire est le genre enka, qui désigne les chanteurs de rue. Ces artistes étaient accompagnés d’instruments traditionnels japonais.

Plus tard, avec l’apparition de la radio, les chansons occidentales émergent sur l’archipel. Nous sommes dans les années 20 et le Jazz a le vent en poupe au Japon. En parallèle, les classiques européens passent de plus en plus sur les ondes. Au fur et à mesure, certains titres populaires à l’étranger sont repris par les Japonais dans leur langue natale. C’est la naissance du genre kayokyoku. Les musiques traditionnelles du enka se parent de sonorités occidentales.

Album de kayokyokuPochettes d'album de musique japonaise du style kayokyoku (années 60-70).

L’essor du kayokyoku

Sous l’occupation américaine, le enka, représentant des valeurs japonaises, est mis de côté. On lui préfère le kayokyoku. D’autre part, de nouveaux styles musicaux apparaissent au Japon comme le Boogie-woogie, le blues ou la country. Le enka perd de son ADN traditionnel pour muter vers un style plus occidental tout en conservant la traduction japonaise. Par ailleurs, l’apparition de la télévision va contribuer au développement du kayokyoku.

Envie d'écouter quelques morceaux célèbres du style kayokyoku ? C'est par ici que ça se passe !

L’héritage du rock’n roll

En 1952, le jazz revient en force dans l’archipel avec le succès des artistes afro-américains comme Louis Armstrong. Toutefois, les musiciens locaux se tournent davantage vers la country, plus abordable.

La fin des années 50 et la gloire d’Elvis Presley marquent l’arrivée du rock au Japon, lorsqu’un groupe de country reprend un morceau célèbre de la star américaine. De même, les Beatles inspirent de nombreux artistes pop locaux. Ainsi, les sixties signent la mode du rockabilly, de la guitare électrique et de la pop.

groupe japonais YMOYellow Magic Orchestra, groupe de synthpop japonais plus connu sous le nom de YMO.

Sur un modèle américain, certains artistes nippons mélangent la musique traditionnelle aux sons rock. Le groupe Happy End qui a beaucoup influencé la musique japonaise en fait partie. Dans les années 70, certains groupes tels que Southern All Stars ou YMO marquent l’histoire de la J-pop. Par ailleurs, le nombre de chanson traduites explose.

L’avènement des idoles

En parallèle, les agences artistiques apparaissent et sont à l’affût de nouveaux talents. Ce sont elles qui fabriquent de toute pièce « les idoles » et les codes marketing pour garantir le succès de leurs carrières. Elles assurent le repérage, l’audition et la formation intensive des futures stars.

Parmi les pionnières, l’agence Johny and Associates, spécialisée dans le recrutement d’artistes masculins. Peu à peu, les fades copies des vedettes étrangères sont remplacées par des stars locales donnant naissance aux premiers boys band japonais des années 70. Les mélodies sont conçues par des auteurs-compositeurs de renom et les paroles sont toujours chantées en japonais dans un souci de proximité avec le public.

Les années 80, quant à elles sont marquées par des figures féminines. Pendant toute une décennie, les idoles aux airs de jeunes filles modèles révolutionnent la J-pop au Pays du Soleil levant. Le phénomène s’essouffle dans les années 90 lorsque l’économie du Japon est au plus haut pour ensuite revenir quelques années plus tard avec la crise financière. Sous l’emprise de la nostalgie, les Japonais repensent aux idoles de leur adolescence. C’est ainsi que le groupe Morning Musume relance l’engouement pour les starlettes dans les années 2000. On peut mentionner le célèbre producteur Yashuki Akimoto, à l’origine des groupes géants féminins.

idole japonaise Namie AmuroNamie Amuro, chanteuse de J-pop et idole japonaise dans les années 90.

Sous l’influence de la crise, les maisons de disques revoient leur stratégie marketing en proposant aux médias des prestations gratuites en échange de visibilité. Ainsi, les idoles apparaissent partout à la télévision et sur les publicités. Les stars de cette époque se distinguent par des influences urbaines, en phase avec les enfants de la crise. La chanteuse Namie Amuro incarne parfaitement cette rupture et donne un nouvel élan aux idoles de 2e génération.

💓 Les idoles de la J-pop au Japon

Ces jeunes Japonais âgés de 16 à 25 ans sont nombreux à se présenter aux auditions. Ils sont choisis sur leur physique avant de suivre une formation artistique les préparant à leur métier de star. Une fois le groupe formé, s’en suit alors tout un système de médiatisation. Au final, peu d’idoles parviennent à se faire une place dans le monde des célébrités avant de retomber dans l’anonymat le plus complet. Leur carrière est en général très courte et se termine bien souvent avant la majorité ou suite à un scandale médiatique.

Les boys band ou les girls band sous contrat pour une durée limitée, vivent parfois ensemble pour créer du lien. Ils exercent un entraînement intensif en danse, en chant ou autre discipline, adapté par leur manager et passent énormément de temps à travailler leur image. Enfin, une fois prêt, le groupe signe un contrat avec une maison de disques.

groupe de j-pop AKB48Les membres du groupe de J-pop AKB48.

En plus de leurs activités artistiques, les idoles gèrent leur notoriété sur les réseaux sociaux. Ils deviennent de véritables machines à business, enchaînant les représentations et les shootings photo pour la fabrication de produits dérivés. Parfois, ils tournent des publicités ou présentent des émissions télé. Tout est calculé pour que le groupe fasse un carton. A noter que les bénéfices sont au profit de l’industrie du divertissement. Eh oui, bien souvent les idoles ne reçoivent qu’un simple salaire.

Pendant leur exercice, les idoles se font passer pour des célibataires car ils doivent être disponibles aux yeux de leurs fans. En général, ce sont des personnalités séduisantes, surmédiatisées. Leurs moindres gestes alimentent la presse et les rumeurs. A la différence des stars américaines ou européennes, ils entretiennent une relation de proximité avec leurs fans en privilégiant un véritable contact avec eux.

🙆‍ Les groupes de J-pop incontournables

👯‍ AKB48

 

Le groupe de J-pop AKB48 qui réunit plus de cent idoles féminines aujourd’hui, est de toute évidence, le plus populaire au Japon. Représenté par 48 jeunes filles, AKB48 se produit dans sa propre salle de concert. Au programme : des chansons entraînantes, des chorégraphies simples et des sujets d’actualités sur un air de pop. AKB48 est composé de plusieurs teams, à effectif évolutif. Le concept est né du producteur Yasushi Akimoto qui crée le groupe en 2005 ainsi que d’autres entités similaires. Aujourd’hui, ces starlettes adulées au Japon décrochent tous les records d’albums et de singles vendus. Leur secret : Les filles fidélisent les fans en cultivant un lien proche avec eux.

🎤 Hatsune Miku

 

Superstar virtuelle aux longs cheveux bleus, Hastsune est un avatar sorti d’un logiciel de synthèse vocale. A l’origine la pop star a été créée par la marque Yamaha pour représenter Vocaloid 2. Véritable icône de la J-pop, elle devient une figure incontournable de la pop culture au Japon et en Europe. Capable de reproduire et de synthétiser une voix humaine, la chanteuse peut interpréter 100 000 titres crées par des fans ou des compositeurs. Par ailleurs, elle a déjà collaboré avec des stars internationales comme Lady Gaga ou Pharell Williams. Hatsune Miku est très célèbre au pays du soleil levant et se produit régulièrement en Europe. Lors de ses concerts, son hologramme est projeté sur les écrans.

👸 Kyary Pamyu Pamyu

 

Cette jeune chanteuse est l’incarnation même du style kawaii. Agée de 25 ans, elle est connue à travers le monde grâce à son titre Pon Pon Pon. La Princesse de la Pop Japonaise aime jouer sur les paradoxes en mélangeant le mignon aux éléments glauques. Dans son clip, on peut apercevoir de la cervelle, dans un décor digne d’un trip sous acide. La chanteuse est également mannequin et blogueuse mode. Son style extravagant aux allures de poupée et son univers psychédélique séduit de nombreux fans. D’ailleurs, le clip Pon Pon Pon compte plus de 160 millions de vues sur Youtube.

📀 Perfume

 

Ce groupe formé dans les années 2000 est certainement l’un des plus connus au Japon et à l’étranger. Il se compose de 3 chanteuses issues de la Actors School Hiroshima : Nocchi, Kashiyuka et A-chan. Leur carrière décolle en 2007 grâce au single Chocolate Disco qui les transporte sur le devant de la scène. En 2012 elles signent un contrat avec Universal Music leur ouvrant les portes d’un succès international. Perfume c’est une musique aux sons dance, synthpop, techno et house. 20 ans plus tard, le trio féminin demeure un groupe incontournable au Japon. Les clés de leur longévité : une approche innovante de la pop.

💪 Deadlift Lolita

 

Crée en 2017, ce duo d’idols est un mélange J-pop et de métal qui réunit Leadybird, un catcheur australien travesti et Reika Saiki, culturiste japonaise également catcheuse. Dans ses clips, Deadlift Lolita est un mélange de bodybuilding et de kawaii totalement délirant. Un son survolté qui associe l’innocence de la pop et la puissance du death métal. A la fois original et décoiffant, le groupe offre une prestation scénique musclée. Un duo de choc !

Vous êtes fan de J-pop ? Dites-nous en commentaire quel est votre groupe préféré ! 😃👇


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