Harajuku et la Street Fashion japonaise

décembre 11, 2019 6 min de lecture

style harajuku

Le style Harajuku regroupe des dizaines de styles différents, tous plus excentriques les uns que les autres. Il apparait au début des années 1980 et se fait connaitre en Occident dans les années 2000. Le style Harajuku – ou street fashion japonaise - tire son nom du quartier du même nom, situé dans l’arrondissement de Shibuya à Tokyo. Dans les années 1970, le quartier Harajuku devient le temple de la mode, du rock et de l’avant-garde.

Plus qu’une simple histoire de mode, le style Harajuku s’inscrit dans une démarche de contestation envers les règles strictes de la société japonaise et l’obligation de rentrer dans les rangs. Tous les week-end, des centaines de jeunes envahissent le quartier de la mode en délaissant l’uniforme obligatoire de la semaine pour des vêtements colorés et extravagants. A l’origine, la mode était de mélanger les vêtements japonais traditionnels avec des vêtements occidentaux modernes. Au fil des années, de nombreux styles différents ont émergé et les tendances se sont succédées, mais l’esprit de Harajuku reste le même : porter les vêtements que l’on souhaite en laissant libre cours à son imagination, sans se soucier du regard des autres. On assiste là à une véritable volonté de rompre avec la mode traditionnelle japonaise bien trop codifiée.

harajuku

La mode d’Harajuku ne suit pas vraiment de ligne directrice, chacun est libre de porter ce qu’il souhaite sans se soucier de savoir si le rendu répond à quelques normes qui soient. Même si cette mode est assimilée aux adolescents, il n’existe pas de limite d’âge. Le principe est simple : choisissez ce qui vous plait et créez votre propre style. N’ayez pas peur de superposer les vêtements, de mélanger les couleurs, d’accumuler les accessoires et de mixer traditionnel et moderne. Tout est une question d’expression personnelle.

Comme nous l’avons dit précédemment, le style Harajuku rassemble de nombreux styles différents : Sweet Lolita, Gothic Lolita, Decora, Ganguro, Visual kei… Dans cet article, nous allons voir les styles japonais les plus populaires de la street fashion, en images. N’oubliez pas, le but est de se sentir bien dans ses vêtements, alors n’hésitez pas à mixer plusieurs styles pour créer le vôtre.

Lolita

Le style Lolita est largement inspirée de la mode du 17ème siècle et des courants rococo et baroques. Ce style, élégant et raffiné, trouve son origine dans un mouvement de contestation « douce » contre les règles strictes de la société à la fin des années 70. 

A ses débuts, il existe deux branches distinctes de cette mode avec, d’un côté, les Sweet Lolitas et d’un autre, les Gothic Lolitas. Les premières arborent des couleurs pastelles, des jupes bouffantes, de la dentelle et des froufrous. Le maquillage est léger et coquet et la coiffure est simple mais élégante. Les secondes portent des vêtements sombres avec des touches de rouge ou de violet, ainsi que des accessoires et motifs appartenant à l’univers gothique (croix, tête de mort…). Les robes restent bouffantes et féminines, le maquillage est plus accentué.

Lolita

Au fil des années, de nouveaux sous-styles font leur apparition, mais le but reste le même : ressembler à une petite poupée. Ainsi, on retrouve les Fruits Lolitas qui aiment porter des vêtements très colorés aux motifs fruités, les Country Lolita qui arborent des robes champêtres ou encore les Wa Lolita qui revisitent les vêtements japonais traditionnels. Dans un tout autre univers, il existe également les Guro Lolitas (ou Horror Lolitas) qui semblent sortir tout droit d’un film d’horreur. Leur tenue fétiche ressemble souvent à une blouse d’infirmière sexy recouverte de sang. L'ensemble des styles Lolitas appartient à ce que l'on peut appeler la mode kawaii

Decora

Plus récent que le style Lolita, le style Decora est facilement reconnaissable avec son accumulation d’accessoires : barrettes à cheveux, lunettes, bagues, bracelets, colliers, faux ongles, gommettes… Ce style très extravagant mise tout sur les couleurs acidulées, la superposition de vêtement et les sacs en peluche.

decora

Il n’existe pas de règles précises pour adopter le style Decora, même s’il est préférable de garder une seule couleur dominante pour l’ensemble de la tenue (sinon, ça piquerait encore plus les yeux). Cette mode est devenu populaire, en partie, grâce à la reine de la pop, Kyary Pamyu Pamyu.

Cosplay

Diminutif de l’expression « Costume Playing », le mot Cosplay désigne le fait de s’habiller comme un personnage de manga ou de dessin animé. Il ne s’agit pas uniquement d’enfiler un costume, il faut également incarner le personnage en adoptant son expression corporelle et son attitude.

cosplay

Au Japon, le Cosplay n’est pas seulement un hobby auquel on s’adonne une fois par an, lors d’un festival par exemple, mais c’est une véritable mode vestimentaire. Si vous avez la chance de vous promener dans les rues du quartier Harajuku, un week-end, vous pourrez facilement croiser des personnes déguisées en Sangoku, Naruto ou autre personnages fictifs. La mode Cosplay est prise très au sérieux, le costume doit être fidèle au personnage, le maquillage et les accessoires ne doivent pas être négligés.

Gyaru

Le terme Gyaru provient du mot anglais « gal » qui désigne une fille, une nana, une gonzesse. Ce mot a commencé à être employé dans les années 70 pour désigner les adolescentes Japonaises « à la mode », celles qui se rebellaient contre les critères de la beauté japonaise traditionnelle. Inspiré de la culture occidentale, le style Gyaru atteint son apogée au début des années 2000. De nos jours, il existe de nombreux sous-styles dérivant de cette mode rebelle, glamour et extravagante. Le principe de base reste commun à tous ces styles : une peau foncée, des cheveux décolorés, des vêtements occidentaux colorés et sexy, beaucoup de maquillage et d’artifices (perruques, bijoux, faux-ongles…).

gyaru

Parmi les Gyaru, on retrouve les Ganguro qui ont une peau cramée aux UV et de longs cheveux blonds décolorés. Littéralement, le terme Ganguro signifie « visage noir ». Aux yeux des adultes Japonais, cette mode est une véritable provocation à la beauté traditionnelle des Japonaises, à savoir le teint pâle et les cheveux noirs. Ce phénomène de mode rebelle a pour but de choquer et de se libérer des contraintes d’une société japonaise bien trop conventionnelle.

Les styles Yamanba, Manba et Banba sont des dérivés du style Ganguro. En plus d’une peau très bronzée, les Manba présentent un maquillage très imposant. Par-dessus une couche de fond de teint foncé, les jeunes filles agrandissent leur regard en dessinant de grand cercle blanc autour des yeux et ajoutent des lentilles de contact, souvent bleues. Pour terminer le look, elles appliquent un rouge à lèvre blanc et quelques gommettes colorées sous les yeux. Du côté des vêtements, les couleurs flashy sont de mise ! De nos jours, ces styles ne sont plus vraiment à la mode (et c’est peut-être une bonne chose ^^).

yamanba

Les Kogaru (ou Kogal) affectionnent particulièrement les vêtements courts et sexy inspirés de l’uniforme scolaire. Le « ko » de Kogaru est une abréviation du mot Kokosei qui signifie « lycée ». Bien entendu, les cheveux sont également décolorés et la peau, artificiellement bronzée.

Pour faire simple, il existe une multitude de sous-styles des Gyaru, chacun ayant une influence particulière. Par exemple, les Bosozoku ont un look de biker et privilégient les vêtements noirs, le cuir et les chaines. Le style B-Gyaru est inspiré du R&B avec les cheveux nattés et des vêtements de sport. Le style Himegyaru est la version princesse des Gyaru. Etc. Etc.

Mori Kei

Le style Mori Kei, ou Mori Girl, est bien loin du bling-bling artificiel et des couleurs flashy de la mode Gyaru. Littéralement, Mori Kei signifie « filles de la forêt ». Cette nouvelle mode fait son apparition dans les années 2006-2007. Les adeptes de cette mode privilégient tout ce qui est naturel, bio et « fait maison ». Leur maquillage est très léger et la coiffure est simple.

mori kei

Le côté naturel se retrouve à la fois dans les matières (lin, coton, cuir, laine…) et dans les couleurs (marrons, beiges, verts, gris bleus…). Au niveau de la tenue, les robes et les jupes sont souvent longues avec une superposition de vêtements, des gros pulls en laine, des châles ou des ponchos tricotés à la main. Le style Mori Kei est un délicieux mélange entre style scandinave et look bohème.

Visual kei

Le Visual Kei fait son apparition dans les années 80 et atteint son apogée dans la première moitié des années 90. Le terme visual kei peut se traduire par « genre visuel » et définit à la fois un style musical et un style vestimentaire. Le point commun ? Une identité visuelle très forte. Un groupe de musique Visuel Kei peut jouer aussi bien du rock, du métal ou chanter du rap, tant qu’il accorde autant d’importance à son look (tenue, maquillage et coiffure) et à ses performances scéniques. Le groupe X Japan est l’un des fondateurs de ce mouvement artistique.

visual kei

Les caractéristiques du style vestimentaire Visual Kei sont les suivantes : des vêtements sombres ou colorés inspirés du style Punk, des coiffures extravagantes avec des cheveux souvent décolorés ou teintés et un look général plutôt androgyne. Il est souvent confondu, à tort, avec le style Emo. La mode Visual Kei est particulièrement populaire auprès des fans étrangers, Européens ou Américains.

 

Source images : http://tokyofashion.com/


Laisser un commentaire

Les commentaires sont approuvés avant leur publication.