Les porte-bonheurs japonais populaires

novembre 29, 2019 8 min de lecture

porte-bonheurs japonais

Au Japon, il existe des centaines de porte-bonheurs, talismans et amulettes qui diffèrent selon les régions, les dieux, les croyances et le domaine de vie (santé, bonheur, chance, amour, richesse, réussite…). Ces porte-bonheurs sont appelés engimono en japonais. Une grande majorité des Nippons croit en la bonne (et la mauvaise) fortune, et de nombreuses personnes possèdent un ou plusieurs engimono. Généralement, ces talismans s’achètent dans les temples et les sanctuaires. Le meilleur moment pour s’en procurer un c’est peu après le Nouvel An afin de s’assurer une bonne fortune et une bonne chance pour l’année à venir. Que vous y croyez ou non, les porte-bonheurs japonais font également de très beaux souvenirs à ramener de voyage. Dans cet article, nous vous présentons neuf porte-bonheurs japonais parmi les plus populaires (auprès des Japonais comme des touristes).

Maneki Neko, le chat porte-bonheur

maneki neko

Le maneki neko est une figurine représentant un chat souriant, assis sur son postérieur avec une ou deux pattes avant levée au-dessus de son oreille. Certaines figurines possèdent une patte articulée qui se balance d’avant en arrière. Pour les Japonais, ce geste invite les gens à venir vers eux, bien que les Occidentaux y verraient plutôt une geste d’au revoir. D’ailleurs, le terme « maneki neko » peut se traduire par « le chat qui invite ». Ce chat porte-bonheur japonais est réputé pour attirer la chance, la bonne fortune et le bonheur à son propriétaire. Au Japon, vous pouvez le retrouver à l’entrée des magasins et des commerces pour attirer les clients. Il existe de nombreuses légendes liées au maneki neko qui racontent son origine et son histoire.

Daruma, le symbole de la persévérance

daruma

Le daruma est une figurine toute ronde, en papier mâché, avec de grands yeux ouverts, des moustaches imposantes, des sourcils épais et une expression faciale très intense. Très souvent rouge, il est désormais possible de le trouver en plusieurs couleurs. Le daruma est un porte-bonheur japonais qui va vous aider dans la réalisation de votre vœu le plus cher. Quand vous achetez une poupée daruma, ces yeux sont vides, dépourvus d’iris. La première étape consiste à peindre le premier œil tout en formulant son vœu ou son objectif. Celui-ci doit être réalisable, car la poupée ne fait pas de miracle. Ensuite, vous déposez la figurine bien en évidence chez vous, de sorte à la voir tous les jours. Sa présence physique vous rappellera l’objectif que vous vous êtes fixé et vous poussera à passer à l’action. Une fois votre objectif atteint, vous pouvez peindre le deuxième œil. Mais d’où vient cette poupée sans bras ni jambes ? L’étrange histoire du Daruma est liée à celle du moine Bodhidharma, l’initiateur du bouddhisme Zen au Japon qui passa neuf longues années à méditer, sans bouger et sans dormir, jusqu’à en perdre ses membres.

Omamori, l’amulette protectrice

omamori

Un omamori se présente sous la forme d’un petit sachet en tissu brocart (étoffe de soie brochée) coloré et joliment décoré. Ce petit sac renferme généralement un talisman ou bien un bout de papier sur lequel est écrit une prière ainsi que le nom du dieu censé nous protéger. Une fois refermé, il ne faut plus l’ouvrir, sous peine d’attirer la malchance. Les omamori sont des amulettes protectrices très puissantes. Les inscriptions en kanji brodées sur le tissu indiquent le domaine de vie dans lequel l’amulette est efficace : la chance, l’amour, la santé, l’argent, la réussite scolaire et bien d’autres encore. Pour bénéficier de la protection de cette amulette japonaise, il est conseillé de la garder en permanence avec soi. Certains la glissent dans leur portefeuille, d’autres l’utilisent comme porte-clés. Au Japon, ce porte-bonheur peut s’acheter dans la plupart des sanctuaires et temples bouddhistes.

Omikuji, le papier qui prédit l’avenir

omikuji(Crédit: japanda.fr)

L’omikuji est une petite bande de papier sur lequel est écrit un bon ou un mauvais présage. En japonais, le terme omikuji signifie « réaliser la volonté de Dieu ». Autrefois, il était d’usage de demander l’avis des dieux avant de prendre une grande décision et ce morceau de papier tiré au hasard faisait office de message divin. De nos jours, les omikuji sont tirés principalement lors de la première visite de l’année au temple ou au sanctuaire. Pour cela, il suffit de donner une petite offrande (100 à 200 yens) pour tirer une baguette au hasard sur laquelle est écrit un numéro qui correspond lui-même à un tiroir. En ouvrant le tiroir, on découvre un petit bout de papier enroulé sur lequel est écrit la prédiction. S’il s’agit d’une bénédiction, vous pouvez garder ce bout de papier précieusement dans votre portefeuille. S’il s’agit, au contraire, d’une malédiction, vous pouvez nouer la bande de papier autour d’une banche de pin ou sur un fil dans l’enceinte du sanctuaire pour que la malchance ne vous suive pas à l’extérieur. 

Ema, la plaque de bois qui exauce les vœux

ema

Si vous avez la chance de visiter un sanctuaire shintoïste au Japon, vous verrez sans doute de nombreuses petites plaques de bois suspendues, avec un dessin sur une face et un vœu sur l’autre. Ces plaques de bois portent le nom de ema et permettent d’écrire un souhait de façon publique dans l’espoir que celui-ci soit lu par le kami – ou divinité shinto – qui réside dans le sanctuaire. Chacun peut écrire le vœu qu’il souhaite. Ainsi, vous pourrez trouver des demandes de protection de la famille, de bonne santé, de prospérité des affaires ou encore de chance en amour. Lors des périodes d’examens, de nombreux étudiants se rendent dans un des sanctuaires dédiés au dieu des études pour rédiger leur vœu de réussite sur un ema.

Senbazuru, la guirlande des mille grues en origami

senbazuru

Le senbazuru est une guirlande composée de 1000 origami en forme de grue, assemblés les uns aux autres par un fil. Ce porte-bonheur trouve son origine dans une ancienne légende japonaise racontant que « quiconque sera capable de réaliser 1000 grues en origami verra son vœu le plus cher se réaliser ». Généralement, il s’agit d’un vœu de guérison, de bonne santé et de longue vie. En effet, la grue est un oiseau de bon augure au Japon ainsi qu’un symbole de longévité car il est dit que « la grue peut vivre jusqu’à 1000 ans ». Le senbazuru est souvent offert à une personne malade pour lui souhaiter une bonne guérison, ou bien lors d’un mariage ou d’une naissance pour souhaiter une longue vie pleine de bonheur.

Koinobori, la carpe porte-bonheur des garçons

koinobori

En japonais, le terme koinobori signifie « banderole de carpe » et désigne une manche à air en forme de carpe koï. Ce poisson ornemental aux diverses couleurs est un symbole de force, courage, persévérance, réussite et virilité au Japon. Une légende chinoise raconte que la carpe koï, après avoir remonté le cours du fleuve Jaune, se transformerait en dragon avant de prendre son envol.

Les koinobori sont hissés en haut d’une perche de bambou lors de la fête nationale Kodomo no hi qui a lieu, chaque année, le 5 mai. Bien que le nom de cette fête puisse se traduire par «le jour des enfants », il s’agit plus précisément de célébrer tous les garçons du pays (les filles ont également leur propre festival le 3 mars, connu sous le nom de Hina matsuri). Durant ce jour férié, les familles comportant un ou plusieurs garçons font flotter des koinobori devant leur maison pour rendre hommage à la force et à la persévérance des carpes, deux qualités très attendues chez les garçons.

Au bout de la perche en bambou, il y a généralement plusieurs koinobori accrochées. La première carpe, de couleur noire, est la plus grosse et représente le père. La deuxième carpe est rouge et représente la mère. Enfin, chaque enfant de la famille est symbolisé par une petite carpe.

Shichi fukujins, les sept dieux de la chance

7 divinités du bonheur

Les Shichi fukujins sont sept divinités de la chance, du bonheur et de la bonne fortune. Si l’on décompose leur nom, on s’aperçoit que shichi signifie « sept », fuku signifie « chance » et jin « dieu ». Au Japon, le chiffre 7 est associé à la chance et ces divinités symbolisent les sept vertus de l’être humain : la longévité, l’honnêteté, l’indulgence, la dignité, la bonté, la popularité et l’opportunité. Ils sont souvent représentés à bord d’un navire connu sous le nom de Takarabune, le navire aux trésors.

La veille du Nouvel An japonais, ces sept dieux du bonheur descendent sur Terre à bord du Takarabune pour récompenser les plus méritants en leur faisant don de chance et de bonheur pour l’année à venir.  

  • Hotei (布袋) : dieu de l’abondance, de la plénitude et du contentement. Avec son sourire et son gros ventre, il est souvent confondu en Occident avec Bouddha.
  • Daikokuten (大黒天) : dieu de la richesse, de la prospérité et du commerce. Il est représenté avec un visage rond et souriant, un ventre bedonnant, un sac de riz et une sorte de maillet magique en bois (uchide no kozuchi).
  • Ebisu (恵比寿) : dieu des pêcheurs, des marchands et du travail honnête. Il est représenté avec un poisson dans une main et une canne à pêche dans l’autre.
  • Jurojin (寿老人) : dieu de la longévité. Il est souvent représenté avec une barbe blanche et une canne.
  • Fukurokuju (福禄寿) : dieu de la longévité, de la sagesse et de la virilité. Il est représenté par un vieillard chauve avec une tête allongée, une barbe blanche et une canne.
  • Bishamonten (毘沙門天) : dieu guerrier, protecteur de la loi bouddhique et chef des quatre gardiens de Bouddha. Il est représenté avec une armure, une pagode dans une main et une lance dans l'autre.
  • Benzaiten (弁財天) : déesse du savoir, de l'art et des sciences, de l'éloquence et de la beauté. Seule femme du groupe, elle est souvent représentée avec un biwa (instrument japonais à cordes) et un serpent à ses côtés.

L’origine de ces sept dieux est un très beau témoignage du mélange de religions au Japon. En effet, seul Ebisu est une divinité japonaise provenant du shintoïsme. Daikokuten, Bishamonten et Benzaiten trouvent leur origine dans la religion hindouiste, tandis que Hotei, Jurojin et Fukurokuju proviennent des religions bouddhistes et taoïstes de Chine.

Kit Kat, la barre chocolaté de la réussite

kit kat japonais

Oui, vous avez bien lu, on parle bien ici de la fameuse barre chocolatée Kit Kat, celle que vous achetez au distributeur près de la machine à café de votre bureau. Déclinée en seulement deux ou trois parfums en France, il existe des centaines de saveurs différentes au Japon, dont les fameux Kit Kat au thé matcha, à la patate douce, à la fleur de cerisier ou encore à la sauce soja ! Mais alors, qu’est-ce que cette friandise chocolatée vient faire dans cette liste de porte-bonheurs japonais ?!

Au Japon, le nom de cette marque se prononce « kitto katto » et ressemble beaucoup à l’expression japonaise « kitto katsu » qui pourrait se traduire par « la réussite à tous les coups ! ». Cette expression est souvent utilisée par les étudiants avant un examen, au même titre qu’un « bonne chance ! » ou « me*** ! ». A son arrivée au Japon, la marque Kit Kat a misé ses campagnes publicitaires sur cette ressemblance pour pouvoir s’imposer comme « le chocolat de la chance ». Et ce fut un véritable succès. La réussite scolaire est quelque chose de très important au Japon et dans cette culture pleine de croyances, la barre chocolatée n’a pas eu de mal à devenir un petit porte-bonheur aux yeux des Japonais, un cadeau à offrir à un étudiant avant un examen.

Cette histoire vous surprend ? Pourtant, ce n’est pas la première fois qu’une marque, à coup de stratégie marketing, réussisse à s’implanter dans la culture japonaise. Depuis les années 70, le repas traditionnel de Noël au Japon rime avec KFC pour une très grande majorité de Japonais.


Laisser un commentaire

Les commentaires sont approuvés avant leur publication.